Billet 12.17 – Etes-vous un bon hypocrite ?

Etes-vous un ou une bonne hypocrite ? Ne vous précipitez surtout pas pour répondre. Celui qui vous adresse cette question fait de gros efforts depuis des dizaines d’années pour être un bon hypocrite. J’imagine qu’ à cet instant plusieurs lecteurs se précipiteront à la dernière ligne de ce billet pour découvrir qui l’a écrit.

Cela n’apparait plus depuis quelques mois avec ma signature, mais je vous confirme être un pasteur aujourd’hui à quelques mois de ma retraite (je suis encore engagé avec joie à mi-temps dans un ministère pastoral).

En préparant sérieusement ma prochaine prédication, j’ai fait l’effort de découvrir le sens original du mot : hypocrite. Et là, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir enfin que j’aspirais depuis des années à devenir un meilleur hypocrite.

Jésus a qualifié les pharisiens, branche juive la plus rigide, d’hypocrites. Et il s’est empressé d’ajouter:

“Ne soyez pas comme les pharisiens qui sont hypocrites. Ils aiment être vus dans les temples et les rues “. (Evangile de Matthieu, chap. 6.5-6)

Hypocrite, comme on peut l’imaginer, est un mot grec. Correctement traduit dans notre langue il  veut dire : comédien ou acteur. Lorsque j’interprète un rôle dans une pièce de théâtre, je suis donc un hypocrite. Je le reconnais.

Mais pourquoi donc Jésus a insisté auprès de ses disciples pour qu’ils n’imitent pas les pharisiens ?

La réponse: Prier en attirant l’attention sur soit, faire croire par des pratiques religieuses persévérantes, par des actes de générosité que l’on accorde notre confiance à Dieu et à l’enseignement de la Bible peut être de l’hypocrisie. Et ça, c’est aux yeux de Dieu inadmissible.

La droiture et l’honnêteté sont à la base d’un témoignage crédible. On peut tromper ceux qui nous entourent en étant de bons hypocrites. Sur scène dans un spectacle, cela doit déclencher des applaudissements. Mais hors de scène, cela mérite d’être copieusement sifflé.

Ces prochains jours, je ferai tout sur scène, pour être un bon hypocrite (acteur). Mais dimanche matin à l’église, il s’agira d’être humble, honnête. Et surtout je devrai éviter d’être un hypocrite.

Charles-André Geiser